La Maison de Graule

La Grange dite Maison Graule était une grange fromagère de l’abbaye d’Obazine

Chazäö du Buron de Graule qui surplombe des restes des Granges cisterciennes.
Les Granges furent construites sur les terres données par Amblard de Dienne a l’abbaye d’Obazine. Terres qui étaient couvertes de forets, désertes et non exploitées. Les granges furent détruite par les « Anglais » durant la guerre de cent ans. Graule en patois de la haute Auvergne veut dire Corbeau.

Géographie

Située entre les vallées glaciaires du haut cantal, Vallée de Dienne et de Cheylade, a douze kilomètres on nord-est du Puy Mary, et donc à une centaine de kilomètres de l’abbaye d’Obazine, la Maison de Graule était implantée sur le plateau du limon à 1200 m d’altitude.
C’est ici.

Archive familiale dont je ne connais pas le nom de l’auteur. Carte certainement réalisée fin 19eme siècle.
Attention, le Nord est a droite de l’image

Histoire


C’est vers 1147 qu’Étienne Ier, abbé d’Obazine, fonde la Grange de Graule, dont les traces sont encore visibles à l’heure actuelle pour les randonneurs du plateau du Limon. Les premières donations surviennent donc vers 1147, dès l’affiliation d’Obazine à l’ordre cistercien.

« Ce fut vers l’an 1147, au moment de partir pour la croisade et à l’instigation d’Etienne de Mercoeur, que Léon III, seigneur de Dienne, donna à l’abbaye d’Obazine des terres importantes situées dans les montagnes du Limon, au lieu-dit « de Graule » probablement sous la réserve qu’il y serait construit un monastère. Aucun doute n’était possible: c’était bien là, dans ces demeures couchées sur le sol, en partie recouvertes par l’herbe verdoyante ou le lichen, que vécurent, isolés et silencieux, les fils de Saint Etienne d’Obazine… » (1888 Adolphe Chalvet de Rochemonteix)

Aujourd’hui, Google nous donne cette image des restes de ces granges cisterciennes. Il est aisé de remarquer l’importance des bâtiments. Le mur d’enceinte d’une longueur totale de plus de 300m et a l’intérieure les bâtiments dont la longueur dépasse le 30 Mètres.
A l’extérieur toute une vie s’était installée. des traces de reste de « Tra » ancêtre du buron et de nombreuses autres constructions.
Au XII siècle nous sommes au milieu d’une immense foret primaire et sauvage.


Toutes les informations nous sont données par l’acte de donation du territoire de Graule par Léon III Ségnieur de Dienne à Étienne Ier, abbé d’Obazine, son emplacement et ses limites exactes, l’organisation de la ferme, dite « Grange », avec son règlement et son administration, l’aspect du Limon au XIIe siècle, la vie de la Grange et les professions qui s’y exerçaient (bouviers, pâtres, maçons…), ainsi que le défrichement et les méthodes de culture. Mais la création véritable de Graule se fera sous l’abbé Robert en 1174, c’est également sous son abbatiat qu’une grange saline voit le jour à la Maurinière sur l’ile d’Oléron à 250 km de l’abbaye.

Ici il n’y avait qu’une immense foret primaire

Le travail acharné des convers, déboisement, défrichage, drainage, construction. Ce tout pour transformer ce lieu inhospitalier en une ferme d’altitude produisant du seigle, du fourrage pour l’hiver et était auto suffisante pour nourrir les religieux et les habitants des villages alentours. Habitants qui étaient une main d’œuvre indispensable.
Autre indispensable, le sel. Ce dernier, depuis l’ile d’Oléron parcourait plus de 350 km pour arriver à Graule, d’abord par voie fluviale sur la Charente jusqu’à Angoulême puis à dos de mulet. Ce sel servait entre autre à la fabrication du fromage ainsi qu’à l’alimentation humaine et animale. La production de fromage était écoulée vers Salers où l’abbaye avait une maison de ville puis vers les granges autour de Rocamadour dans le but de nourrir les pèlerins effectuant le pèlerinage marial qui était contrôlé par l’abbaye  bénédictine de Tulle. Une autre maison de ville était très certainement installé a Riom es montagne, mais je n’ai pas d’info a ce sujet a ce jour.

Mur Nord de l’enceinte de la Maison de Graule, c’est la partie la plus visible. A sa droite une des 4 grandes granges. Trace qui fait plus de 30 mètres.

La crise de recrutement des convers, la guerre de Cent Ans, les méfaits des routiers bouleversèrent irrémédiablement cette belle organisation et sonnèrent le glas de Graule.  Toutes les terres furent mises en fermage progressivement. Graule en ruine fut elle-même confiée à un fermier en 1377.
Il est à noter que Graule possédait un moulin à la Bussinie. Mais ici, sur le Limon au milieu de terres drainées, on peut voir encore l’admirable travail de canaux et de murs réalisés par les convers pour assécher ces prairies humides et ainsi cultiver le seigle indispensable pour leur alimentation.

J’ai toujours entendu dire qu’il y avait eu un orphelina a l’emplacement de la maison de Graule. Ce buron est étrangement grand, et les restes des ouverture, façade sud semblent équipées de barreaux même a l’étage. Ce Buron fut il orphelina dans un premier temps ?

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Bibliographie

Adolphe de Rochemonteix, La maison de Graule, Monographies des villes et villages de France.1887.
site de l’association « Cisterciens en Rouergue »
Claude Chappe Gauthier Granges fromagères d’Auvergne, édition cheminements, 2007.
Bernadette Barrière, médiéviste spécialiste d’Obazine, Moines en Limousin L’aventure cistercienne , PULIM .

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